Violences policières ! Une réalité enfin dévoilée

La vie nous réservera toujours des surprises. Pendant longtemps, l’opinion publique française a souvent considéré que les violences policières étaient le propre des américains.

Avec l’Affaire Théo, la vie vient, de nouveau, de nous démontrer avec une ironie déconcertante que les violences policières étaient une réalité que les pouvoirs publics français se sont efforcés d’occulter ou de minimiser pendant longtemps.

Comme l’a  affirmé à l’AFP, le président de SOS Racisme, Dominique SOPO : « L’affaire Théo n’est pas qu’un fait divers, c’est un problème structurel de violences policières que la France doit avoir la maturité de traiter ».

Cette affaire n’aurait jamais pris une telle ampleur, s’il n’y avait pas eu le film d’une des caméras de surveillance installées à l’origine pour confondre les délinquants et instaurer un sentiment de sécurité au sein de la population.

Ces caméras devaient permettre également à la police de confondre les délinquants par un faisceau d’images prouvant qu’ils ont commis ou tenté de commettre des faits répréhensibles. Au départ, ces caméras ont été beaucoup décriées car elles visaient avant tout les présumés mis en cause (MEC) autrement dit les personnes qui habitent la zone ou les banlieues, les jeunes des cités, dealers ou non, gens de bien ou voyous. Tous étaient assimilés à la racaille qu’il fallait nettoyer au karcher pour assainir la France. 

En France, les fonctionnaires de police ont toujours été considérés comme des personnes exemplaires qu’il faut respecter et surtout à qui il faut donner davantage de moyens financiers pour leur permettre de travailler sereinement et élargir leur pouvoir afin de faire régner l’ordre public sur le territoire national y compris dans les cités, considérées parfois comme zones de non droit.

L’affaire Théo vient de nous démontrer un avantage inattendu de l’installation des caméras dans nos communes. Elles permettent aussi de contrôler une délinquance insoupçonnée : celle de certains fonctionnaires de police qui abusent de leur pouvoir quand ils sont en uniforme.

De tout temps, à l’occasion de certaines de leurs interventions parfois musclées, excessives ou disproportionnées, aujourd’hui connues sous le terme de violences policières, ils ont souvent fait croire et comprendre à leur hiérarchie ou à la justice qu’ils n’ont fait qu’exercer « la stricte force nécessaire pour neutraliser le MEC qui se rebellait en résistant aux représentants de l’ordre public qu’ils étaient ».

Derrière cette expression souvent insérée dans les procès verbaux ou rapport des fonctionnaires de police, les violences policières, une réalité française pourtant patente était occultée.

Aujourd’hui grâce aux caméras de surveillance installées déci delà sur le territoire de nos communes comme à Aulnay-Sous-Bois ainsi que de plusieurs vidéos amateurs pris à partir des téléphones portables, cette réalité est dévoilée et s’affiche honteusement aux yeux de tous.

Les images que l’on peut voir, surtout dans l’affaire Théo, prouvent maintenant que les pratiques de certains fonctionnaires de police n’ont rien à envier avec les méthodes des voyous.

De plus, elles font apparaître leur incapacité sinon leurs incompétences à accomplir les missions à eux dévolues, faute d’avoir reçu une formation adéquate à laquelle devra s’ajouter une connaissance maîtrisée de leur terrain d’action.

Dans le 9.3, on a l’impression que les pouvoirs publics n’ont rien compris de ce département riche en  diversité. L’ayant complètement négligé, ils continuent à lui faire parvenir, comme en matière d’enseignement, des fonctionnaires de police jeunes et inexpérimentés, qui de surcroît n’ont suivi qu’une formation occasionnelle ne dépassant  pas trois mois.

De même, il y a lieu de souligner également que le recrutement de ces fonctionnaires de police se fait souvent dans les zones rurales dont la réalité et les mentalités sont diamétralement opposées à celles des zones urbaines où ils sont affectés pour l’exercice de leurs fonctions.

Au regard des faiblesses d’une police qui au demeurant comprend une frange de ces agents complètements désorientés, il n’est pas étonnant que la défiance mutuelle entre les fonctionnaires de police et les jeunes des cités s’installe durablement et que les violences policières se multiplient dans les départements d’Ile de France.

Dans leur incompétence et naïveté, les fonctionnaires mis en examen dans l’affaire Théo ont été incapables de réaliser que, ce jeune homme, averti de leur brutalité, les a entraîné sur le champ d’une camera de surveillance afin que les faits dont ils étaient les auteurs deviennent irréfutables.

Avec l’installation des cameras de surveillance, les fonctionnaires de police étaient satisfaits de posséder un outil de travail majeur pour mieux confondre les délinquants. Cependant, ils avaient oublié une chose : parmi eux, il y a avait aussi des délinquants et des voyous qui à la fin se sont fait prendre au vu de tous comme des gamins entrain de plonger les mains dans un pot de confiture. Voilà ! C’est çà, le résultat de l’incompétence et de l’amateurisme. Tel est pris qui croyait prendre. Leçon tirée de Fable de la Fontaine : Le rat et l’huître. 

  Alain Mafoua – avocat – Aulnay sous-bois

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. police de proximité dit :

    Certes, un point de vue qui a de la hauteur, qui parle du déséquilibre entre le terrain et la mentalité, la formation de jeunes policiers, mais qui omet les violences quasi permanentes anti-policières de ces territoires perdus par la République depuis l’abandon en 2003 de la morte-née police de proximité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code